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Samedi (06/02/10)

La vie c'est

La frénésie, la retombée. Non je ne me laisserai plus ballader par mes sentiments, j'ai vu suffisamment de pays et je sais où je veux aller. Mais parfois, le soir, parfois, dans le noir, parfois, c'est dur.

Par aubes, 13:44.

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Vendredi (05/02/10)

What's next

Sur une assiette nous avons empilé des crêpes, avant de passer des heures à découper des images. Nous nous serons endormies l'une à côté de l'autre dans son lit aux draps rouges et le lendemain je me serai levée bien plus tard que prévu. Ma. aura eu 20 ans de toutes les couleurs entre le restaurant aux orchidées et aux formes de coeur creusées dans les assiettes et les petites voitures du karting, et j'aurai ri parce qu'avec son amoureux nous étions tous les deux dans la voiture à écrire nos cartes et finaliser nos cadeaux quelque instants seulement avant de la rejoindre. Avec Jem, il y aura aussi eu une salade poulet pamplemousse puis des petits-beurres au chocolat assises en tailleur sur son lit à coller nos images. Aujourd'hui M. me fait échapper un cri perçant dans le silence de la bibliothèque en me pinçant les côtes, je rentre sous la neige et de toute la pile de courrier que je retire de la fente avec deux doigts s'échappe une carte postale à mon nom, qui atterrit dans la neige.

Par aubes, 14:24.

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Mardi (02/02/10)

Lumière

Tellement que j'en oublie d'écrire, et je ne sais plus par où rattraper les mots. Il est parfois bon de se lever trois heures plus tard que prévu, il est bon le soleil aveuglant des ciels blancs. Demain Ma. a 20 ans et je n'ai pas de cadeau, à part lui dire qu'elle a la vie devant mais ça ce n'est pas moi qui lui offre. Il y a une semaine j'ai embrassé G. pour la dernière fois sur un quai de gare, avant d'aller rejoindre Jem dans leur appart au 5ème. Je portais mon pantalon à bretelles, nous avions fait des photos avec l'appareil de son colloc et ses lunettes sur le nez. Je m'étais endormi ce soir là avec la paix. Le lendemain il y avait eu la bibliothèque et quand j'y vais je prends toujours une boîte de chocolats à faire passer pendant la pause. Vendredi c'était ma première leçon de conduite et à la fin c'était comme en descendant d'un manège. Samedi à cinq heures et quelque du matin je descendais la rue en pente et pour quelque raison je me suis retournée, et la pleine lune rayonnait au dessus des toits et la neige tombait dans sa lumière silencieuse. Huit heures plus tard après le travail, alors que je m'apprêtais à quitter le petit café, Seb m'a demandé si j'étais fatiguée et m'a dit que j'avais bonne mine. Et puis je suis allée acheter le pain et le fromage parce que le soir les filles viendraient pour la fondue. Joa est arrivée avec une boîte de chocolats pour que je puisse continuer à en offrir pendant nos pauses. Nous avons joué au taboo, et après 22 heures nous n'étions plus que 3, Jem s'est endormie sur le canapé. Le lendemain dans le train Jem établissait une stratégie pour que j'accepte son croissant au chocolat. L'après-midi était avec mon grand-père et mes frères et soeurs nous avons bu le thé en regardant leurs photos d'A*stralie. Le soir c'est moi qui me suis endormie sur le canapé chez Jem, et puis nous avons marché dans la neige dans la ville. Parfois, parfois je repense un peu à G. bien sûr, parfois quand j'écoute T. Ch*pman à cause des routes de France en septembre, mais je sais que j'ai retrouvé un petit bout de bon chemin maintenant, et il n'y a de place pour aucun regret, aucune peur.

Par aubes, 14:36.

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Mardi (12/01/10)

Pertinent, impertinent

Des projets, des sanglots étouffés, la guirlande de petites lumières que mon père a posée sur le sapin du jardin. La neige qui reste, reste et reste sans se lasser de nos pas pressés de nos pieds froids. Je n'ai plus envie de recapturer chaque instant, plus envie d'en parler. Avec lassitude il y a le soleil de fin d'après-midi qui pointe par la vitre et j'espère qu'A. le retrouve dans mes yeux. Non, ce n'est pas moi ça, ces mots ternes, ces bras baissés, ce n'est pas ce que je veux. L'autre jour je disais à Jem qui marchait à côté de moi de ne pas regarder le trottoir, de lever la tête et regarder fièrement devant elle. Elle a obéi. Quand j'ai dit à G. que ma fleur préférée était le tournesol, il a répondu que ça ne l'étonnait pas.

Par aubes, 23:03.

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Mardi (05/01/10)

No coincidences

Pour rattraper le bus j'ai dû courir jusqu'au prochain arrêt, tandis que le train a démarré en retard. J'ai frappé très fort à leur porte d'entrée, sa mère fait toujours la même tête quand elle m'ouvre et j'ai chuchoté en réponse à ses questions pour ne pas qu'il reconnaisse ma voix tout de suite. Le film qu'ils regardaient tous les trois était celui que j'avais déjà vu en VO il y a vaguement une année dans l'appartement d'un quartier un peu multicolore de Sydney, et j'ai narcissiquement aimé son sourire tandis qu'il se penchait vers moi et me regardait - celui d'un homme amoureux. Je suis partie avec son parfum un peu accroché à ma peau et à quelques uns de mes cheveux, une fois de plus j'ai couru mais cette fois le bus est parti sans moi alors la peau de mes mains s'est durcie de froid, et j'ai aidé un homme à trouver son chemin puisque cette fois je rentrais à pied.

Par aubes, 00:43.

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Lundi (04/01/10)

Sing for you

A quatres heures du matin allongés son canapé j'ai dit non à Y. En arrivant dans sa chambre il faisait sombre et je me suis penchée sur G. pour déposer mes lèvres partout le long de son bras. Quand je le reverrai je trouverai la force de lui dire non aussi. J'ai besoin de toute ma personne en ce moment, pas de toutes ces divisions. Tout ira bien.

Par aubes, 23:58.

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Mardi (29/12/09)

And I

Après le travail j'accepte un verre avec ma patronne, un verre en devient cinq, j'aime les discussions lorsqu'elles s'étalent ainsi libres et j'ai un tout petit peu le tournis quand nous ressortons dans le froid pour le dernier bus. Le lendemain le petit café se remplit très vite dans l'après-midi, ils bloquent tous le chemin à rajouter des chaises aux tables et j'ai chaud et je cours partout avec mon plateau mais au fond j'aime, bien, (être) cette petite serveuse aux cheveux relevés. Après avoir ôté mon tablier je souris un peu en trouvant une petite multitude d'appels manqués sur mon portable, et je monte chez Ma. Nous nous allongeons sous sa couette multicolore, dehors il fait froid et je retrouve de la douceur, juste de la douceur à parler avec elle. Les quatre bougies sont allumées sur la table tandis que nous dînons, et nous terminons avec des mandarines, du biscôme chocolaté et une partie de Trivial Pursuit.
Et pour la première fois depuis longtemps, ce matin, il n'y avait pas de réveil, j'ai dormi jusqu'à midi, déjeuné longtemps, et avant de replonger dans le tourbillon, je prendrai cinq minutes pour m'imaginer que je n'ai rien à faire qu'à regarder tomber la pluie.

Par aubes, 13:57.

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Samedi (26/12/09)

L'autre inconnu

En le rejoignant à la voiture j'ai rabattu la capuche de mon manteau noir à cause de la pluie et de mon visage on ne voyait plus que mes cheveux. En arrivant chez lui il m'a fait visiter, la table était préparée comme au restaurant et nous étions supposés faire les sushis ensemble mais ils étaient tous au frigo et ils les a sortis en avance afin qu'ils ne soient pas trop froids. Je ne savais pas manger avec des baguettes, nous avons fini la bouteille de vin à nous deux, dessiné des visages sur ses gants en plastique, regardé un film en buvant du thé. Alors que le temps avançait il a changé la musique sur Norah Jones, nous comparions la taille de nos mains en les appuyant l'une contre l'autre et je ne sais trop comment, entre sa cuisine, son salon et son petit hall d'entrée nous nous sommes embrassés, j'ai reculé d'un pas et son corps m'a appuyée contre le mur. Puis dans l'ascenseur, et mes mains dessinaient sa nuque, son dos, ses contours. J'aime son visage, son sourire, ses yeux bleus grands ou-verts et ses cheveux sombres, et je sais, je sais, je sais que ce n'est pas ma place tout comme je sais si bien ne pas dire non.

Par aubes, 11:31.

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Mercredi (23/12/09)

Take a step

Sortir de cette histoire de cet hiver. Tu n'étais supposé être qu'une escale, une dernière escale avant que je ne parte loin là-bas. On ne revient pas sur les escales, on ne revient pas sur de tels pas. Pourtant je suis rentrée et l'escale est devenue une arrivée. Et l'arrivée s'est transformée en un séjour. Et j'ai voulu repartir mais tu m'as rattrapé, et l'hiver aussi, l'hiver froid et dru, et la neige dans le noir espoir.

Par aubes, 13:40.

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De laine blanche

Les tourbillons de neige, se construire une autre ville avec G., et sur la fenêtre je voyais le reflet du feu crépitant dans la cheminée, et le matin le soleil arrivait sur la table du petit-déjeuner. Retrouver Ma. aussi, s'arrêter pour photographier les flocons en rentrant tard dans la nuit, perdre du temps, goûter les biscuits que mon père est en train de confectionner avant qu'ils ne soient terminés.

Par aubes, 10:23.

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Remonter encore le temps

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Fragments

Je tombe alors au fond de moi-même, je coule et je prends plaisir à ces retours vertigineux de la conscience quand je suffoque et me noie. La vie défile à toute vitesse comme un vieux film recollé, plein de déchirures, de trous, de scènes ridicules, de personnages à l'envers, de titres démodés pour s'arrêter soudain sur une seule image, qui n'est pas toujours la plus belle, mais qui devient lumineuse à force de fixer l'attention.

B. Cendrars



Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

C. Baudelaire



La vie abîme les vivants et personne, jamais, ne recolle les morceaux, ni ne les ramasse.

O. Adam



-Quelquefois je me demande ce que nous sommes en train d'attendre.
Silence.
-Qu'il soit trop tard, madame.

A. Baricco



"Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m'avoir connu."

Saint-Exupéry



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