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Dimanche (27/09/09)

Go to the ends of the earth with me?

Une invitation pour une tarte aux pruneaux chez ma soeur. Je garde le silence quand parfois je voudrais crier, je pars quand parfois je devrais rester, je choisis le noir et le blanc la pluie quand parfois il faudrait tout colorier. Je m'étais dis que je bannirais tous ces conditionnels parce que je voulais vivre, mais vraiment, parfois, je préférerais - 
S
i seulement il n'y avait pas de bout du monde, il n'existerait aucun endroit, où tu ne me suivrais pas.

Par aubes, 20:09.

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What about you

La nuit était tombée, j'ai lancé haut mes jambes en dansant, j'ai crié de toutes mes forces j'ai chanté chaque chanson bousculé chaque rythme de mes hanches, tenu N. par la main pour ne pas se perdre dans la marée, craché ma gorgée d'eau à la figure de Ad., reçu un chapeau de paille d'un inconnu dans la masse, posé sur la photo d'un jeune touriste, je suis montée sur le bar surplombant la foule - refoulant mon vertige, j'ai partagé une assiette pakistanaise et une chinoise avec Ma., mangé une gaufre en arrachant chaque morceau avec les doigts. J'ai souri si grand et je ne me reconnais ni dans les larmes que mes cils refoulent sans cesse depuis tout à l'heure, ni dans l'automne un peu doux un peu amer, ni dans les cours entassés dans mon sac, ni dans les papiers les objets qui traînent dans ma chambre, ni dans mes cris ni dans les musiques titubant dans mes oreilles, ni dans aucun de mes reflets ni dans mes photos, ni dans mes projets ni dans mon silence et dans aucune de ces errances.

Par aubes, 19:18.

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Jeudi (24/09/09)

Le chat dans la gorge

Cette brume, et tous ces futurs qui se profilent, et tous ces visages, et toutes ces questions, et tous ces choix jour après jour, et toutes ces heures qui se défilent, et tous ces cours. Hier il a oublié de m'appeler, hier j'ai rattrapé le croissant de lune orange juste avant qu'il ne disparaisse, hier je lui ai dit que peut-être. J'ai mal au ventre, je vais bien mais j'erre encore, mes dix-neuf ans sont des habits trop grands pour mon corps, pour ma peur et franchement je préfèrerais tant parfois pouvoir tout abandonner, et je me demande jusqu'à quel sang cette vie a le droit de nous mordre, de nous lier.

Par aubes, 21:18.

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Lundi (21/09/09)

It's what you do to me

C'était le bon moment. Il y a eu plein de bons moments finalement. J'ai choisi de ne pas les saisir, je les ais regardés s'égrener tranquillement avec les bêtises et les rires étouffés ou explosés qui s'échappaient de ma bouche, de ma langue, de mes tripes. Comme une gamine je n'ai pensé qu'à savourer encore un peu ma friandise, sans articuler l'important. Mais les friandises fondent et je le sais bien qu'un jour on s'en mord les lèvres.

Par aubes, 00:46.

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Mercredi (16/09/09)

Everywhere

Heures éparses, un peu comme à prendre à la petite cuillère. Il y a la brume, les nouveaux visages et ceux, inattendus, qui reviennent, il y a les promesses de revoir Vi et Ju bientôt, il y a les larmes que je me refuse de faire couler, G. qui vient me chercher à dix-huit heures après mes cours, il y a les heures qui tombent, à ramasser à la petite cuillère. Le prof qui me demande ce qu'est un oiseau, les bougies allumées dans ma chambre, les lumières qui me donnent le vertige en levant les yeux depuis la fenêtre de G., son corps qui me défait dans le noir, et mes mains qui se crispent, il y a sa petite soeur qui me propose un thé parce que l'eau est chauffée. Il y a mes incertitudes, mes envies, mes retenues, et tout ce que je me hais de ne pas savoir dire, qui gonfle dans mes veines, il y a mon avenir sous la gorge comme un couteau aiguisé, il y a les trous sur l'usure de mes jeans, il y a mon chat endormi sur le fauteuil noir.

Par aubes, 20:25.

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Lundi (14/09/09)

Wish we had a lot more time to play

Journée brumeuse - septembre est vraiment là, et je ne m'en vais pas. G. m'a rappelé après nos mots mais je ne suis plus convaincue de rien, et je sens les larmes revenir dans mes yeux et mon regard rester vague - et je me demande lequel de l'apaisement ou de la douleur prendra le dessus en premier (une fois qu'on partira sans se retourner).

Par aubes, 23:23.

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Jeudi (10/09/09)

No storm

A la maison il y a toute la famille et on finit la pâte à crêpes.
Sinon, j'invite B. à m'accompagner au bal, je fais les magasins, je dis au revoir à G. à la gare, je souris toute seule de me perdre encore dans cette ville, je m'assois seule dans le Starbucks et je fais des sudoku jusqu'à ce qu'il soit l'heure de prendre le train, j'écoute Macy Gray, me dis que c'est bientôt la rentrée, me dis que je brûle de partir pour un nouveau bout du monde.

Par aubes, 22:23.

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It takes a road to go nowhere

On part dans une petite voiture avec quelques bagages et la personne qu'on prétend aimer, on avale des kilomètres, on arrive sur une immense plage au coucher du soleil, on prend des photos en rafale, on peine à monter la tente dans le vent tempêtueux. On fait griller des poivrons mozzarella, on boit du vin rouge, on regarde la pleine lune se lever sur les dunes, on se glisse dans la tente et on fait l'amour tout bas. On se réveille à l'aube, on réenfile le large t-shirt blanc à fines raies bleu marine, on fait des autoportraits dans les dunes pour passer le temps, on lit un livre sans intérêt et le soleil mijote. On repart au hasard, on atterrit dans un mobile home plus loin sur la côte, on sort, on boit un peu de vin, on finit sur une discussion les nerfs aux abois. On se réveille, on se fait faire l'amour, on se rend à la plage déserte, on hurle dans l'eau froide, et il donne des noms ridicules aux petits coquillages qu'il nous offre. On part pour la prochaine ville, on arpente les ruelles s'extasie sur les cafés avec l'envie de s'asseoir partout, entre dans des petites boutiques ressort sans rien acheter, finit par les courses au supermarché. On le laisse dormir un peu, on va demander du beure et des allumettes aux voisins pour pouvoir cuisiner, on prend l'apéro, on laisse tomber la nuit. On se réveille, c'est le matin du départ on se lève avant lui et juste avant de lever le camp la porte du bungalow reste ouverte, bâille, et quelque part entre la cuisine et la chambre à coucher les peaux se mêlent encore. On reprend la route, on tourne en rond dans une petite ville, on se perd, on rigole des coups de klaxons, on s'y retrouve, on se tient part la main on se balade. On arrive dans la grande, si belle maison en fin d'après-midi, on se fait couler à la lumière du soir dans la piscine, on écoute Tracy Chapman en prenant les plus petites routes de campagne pour atteindre enfin cette terrasse de restaurant, on mange beaucoup trop bien, on rentre un peu tard. Dernier matin le petit déjeuner est servi sous un parasol en tissu rouge, (il se fait griffer par le chat asocial) et on repart dans cette petite voiture et quelques bagages, et cette personne qu'on prétend aimer.

Par aubes, 21:44.

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Jeudi (03/09/09)

Tell me it's not over

Un matin en entendant la pluie je décide de me rendormir. Un autre matin j'ouvre les yeux et le soleil rougit à travers un trou dans les nuages gris. Je fais un gâteau aux pommes, retrouve Ma pour un chocolat froid.
Dans une pluie acharnée je m'abrite sous le sac en plastique qui contient le pique-nique que Ma et moi dégustons dans une salle de jardin d'enfants. Chez ma soeur je découvre les nouveaux murs, la nouvelle vue tandis qu'elle allume les bougies pour notre dîner et derrière la fenêtre ouverte la pluie tombe tombe tombe. Il y a Ma et notre visite hasardeuse du musée, et puis à nouveau L. et je me brûle la langue avec mon chocolat chaud, je repars de chez ma soeur avec une boîte de biscuits d'écolier. Tard le soir le message inattendu de Jem est incroyablement touchant. Et puis je retrouve G., encore, encore encore je pourrais en perdre mon nord. 

Par aubes, 22:04.

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Dimanche (30/08/09)

Hard sun

A une table mi-ombre mi-soleil reparler avec L., imaginer avec envie son voyage au Chili et me souvenir du temps pas si lointain où je voulais partir seule pour un tour du monde. Traîner entre les cintres d'une boutique de seconde main puis dans les rues de ma ville, m'endormir au soleil sur un banc au bord du lac, retrouver Ma pour une glace, et sa présence si. Faire du pop-corn et retrouver Jem dans les fauteuils rouges du cinéma.
Manger africain, monter ses cartons au quatrième étage sans ascenseur, passer des heures à assembler des planches et des vis dans des trous, retrouver G. à la gare. Traîner le matin, retrouver N., se laisser dériver sur l'eau à bord du matelas gonflable, s'allonger dans l'herbe près de G., retrouver Gwen pour un verre.
Et puis Jem d'abord à la terrasse et pour finir à l'intérieur à cause de la pluie insistante, parler de tant et de tout, et se retrouver dans les fauteuils bleus d'un cinéma. Rentrer en mini-short en jean sous la pluie, il fait un peu froid mais j'aime tant toutes ces lumières qui ricochent sur l'eau du béton.

Par aubes, 17:05.

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Remonter encore le temps

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Fragments

Je tombe alors au fond de moi-même, je coule et je prends plaisir à ces retours vertigineux de la conscience quand je suffoque et me noie. La vie défile à toute vitesse comme un vieux film recollé, plein de déchirures, de trous, de scènes ridicules, de personnages à l'envers, de titres démodés pour s'arrêter soudain sur une seule image, qui n'est pas toujours la plus belle, mais qui devient lumineuse à force de fixer l'attention.

B. Cendrars



Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

C. Baudelaire



La vie abîme les vivants et personne, jamais, ne recolle les morceaux, ni ne les ramasse.

O. Adam



-Quelquefois je me demande ce que nous sommes en train d'attendre.
Silence.
-Qu'il soit trop tard, madame.

A. Baricco



"Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m'avoir connu."

Saint-Exupéry



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