Samedi (14/11/09)
Blind me blind me blind me
Les marées sont subites, incontrôlables, incompréhensibles. Un conseil lu un jour dans un petit livre intitulé A little book to help you live a happy life revient toujours. Stay inspired. Je raccroche le téléphone sur la voix de Ma., reste assise un instant dans la lueur lugubre que le brouillard jette dans la pièce et m'interroge sur les endroits où la vie nous jettera, sur l'amitié que peuvent vivre deux êtres humains sur cette planète, sur les liens rompus, rompants, rampants, et leurs noeuds, et les voiles que de tels cordage hissent haut comme provocation au vent.
Par aubes,
16:40.
Lire la suite
(
2 mots
)
Vendredi (13/11/09)
You know what they say everything ain't for everybody, but I tried anyway
Le temps tombe des arbres et les feuillent glissent, et l'automne s'effrite tendrement. Mes doigts gardent à chaque fois l'odeur des clémentines.
Par aubes,
16:10.
Lire la suite
( rien
)
Mercredi (11/11/09)
Tu as sûrement déjà quelque chose de prévu, mais
Il y a eu la soirée toute de pluie, nous attendions tous les deux le bus et la pluie tombait partout sur toutes les lumières, les mains dans les poches je regardais ailleurs et parfois ses yeux noirs, et j'aurais pu m'approcher lentement, mon corps, mon visage, et toucher ses lèvres, mais quelque chose n'était pas à sa place et j'espérais qu'il ne s'approcherait pas lentement, son corps, son visage, pour toucher les miennes.
Plus tard sur un banc à la gare, après la déception, G. apparaît tout soudainement et j'ai pensé les yeux ronds, les miracles existent.
Le lendemain soir je claque la porte de la petite voiture rouge un peu brusquement et m'éloigne et gravis la pente sans me retourner. Je n'entends pas le moteur démarrer. Je m'immobilise à mi-chemin. Je n'ose pas me retourner. J'ai la nausée. Je ne bouge pas. J'attends. Le temps aussi retient son souffle. La nuit, le ciel violet, le vent. J'attends. Je ne peux pas revenir sur mes pas, aller frapper à la vitre de la petite voiture rouge. J'entends un léger bruit. C'est lui qui gravit la pente derrière moi, s'arrête à mi-chemin. Je lâche mon sac, pour le serrer entre mes bras, l'être humain à la peau tiède et douce dont il est si étrangement difficile de se détacher.
Par aubes,
22:47.
Lire la suite
( un mot
)
Samedi (07/11/09)
A trois d'accord, un... deux... tr...
Il y a l'arbre coloré juste devant la fenêtre, le désordre dans ma chambre, une carte à envoyer à Ma., il y a l'inconnu aux yeux noirs que je revois aujourd'hui, et un autre aux yeux bleus qui paraît-il me remarquait tandis que je travaillais derrière le bar. Il y a l'invitation de B. pour samedi soir que j'ai déclinée et il y a G.. Il y a la crêperie jaune et orange avec Leïla, il y a un thé et un petit déjeuner partagé avec ma soeur, et ce matin assises dans le café à côté des fenêtres nous avions toutes les deux les larmes aux yeux. Elle part elle reviendra dans un mois. Il y a le vent, la pluie, le train la nuit.
Par aubes,
11:07.
Lire la suite
( un mot
)
Lundi (02/11/09)
Le pays des tourne-tourne-tournesols
En un week-end il y a eu une casquette et des lunettes roses, des sourires avec quelques visages naufragés du lycée, trop de gâteau au chocolat, un message de G. je suis à la gare alors que moi j'étais devant ma porte d'entrée, le ciel violet, la course entre le sport les études et le travail, le petit café rempli de monde, nos rires étouffés dans le train tandis que nous nous accrochions des feuilles mortes aux vêtements et au cheveux et que nous nous dessinions des toiles d'araignée sur les joues, Caro et Dan que j'aimerais connaître mieux, le petit appartement en haut des escaliers en colimaçon, les décors oranges, le train de nuit, G. à la gare et ses bras, ses bras, ses bras, et puis l'après-midi avec Vi entre les stands fourmillants de monde de couleurs d'odeurs, un épis de maïs trop chaud croqué sur les marches des escaliers, une brochette fraise-banane au chocolat, un verre de vin chaud, le crépuscule qui tombe, la grande grande grande roue, les lumières et sur le pont au dessus du fleuve un message de l'inconnu aux yeux noirs - nous nous verrons ce soir, les frissons dans le ventre, le retrouver sur la place déserte, faire connaissance avec du vin blanc, se découvrir un peu, se faire servir des crèmes dessert offertes par la maison, rentrer et s'effondrer. Entendre la pluie en se réveillant et rester un peu plus longtemps au lit, et puis le plaisir d'étaler la nutella sur une tartine, et puis la perspective d'un voyage dans une réalité où je n'ai jamais mis les pieds. Il est grisant de s'emporter dans un flot qui ne semble vouloir prendre fin et encore moins ralentir.
Par aubes,
12:04.
Lire la suite
( rien
)
Jeudi (29/10/09)
Don't think of the other places you should have been
En regardant la forêt caramélisée j'ai pensé que je n'avais pas vu d'automne depuis deux ans. Hier j'ai lu mon chapitre de phonologie tout au bord de l'eau, il faisait bon au soleil et j'aurais voulu avoir quelqu'un à côté, pour partager le lac enfoncé dans la brume, pour lui dire regarde, on dirait qu'on est tout au bord du monde. Quand avec les filles on prévoit une soirée crêpes, un midi ensemble, quand Julie me dit J'aimerais bien être un garçon pour que tu m'envoies des messages comme ça, quand G. m'écrit Et n'oubliez pas que quelqu'un, peut-être près de chez vous, vous aime profondément, ça me.
Par aubes,
19:34.
Lire la suite
( un mot
)
Lundi (26/10/09)
And the boys chase the girls with the curls in their hair
L'inconnu aux yeux noirs a finalement écrit, ce matin je suis arrivée un peu en retard mais comme d'habitude J. et S. avaient pris une feuille pour moi et l'avaient posée sur ma place encore vide. Samedi j'ai retrouvé le corps de G., j'aurais préféré ne pas, et hier soir j'ai avoué à mon frère que j'étais perdue, et j'ai dit à mes parents que je leur pardonnerais, alors que c'était peut-être à moi de m'excuser. Hier soir j'ai téléphoné avec Ma., samedi soir j'enfourchais la moto derrière M. Je ne sais pas si la vie serait aussi délicieuse si elle n'était pas aussi compliquée.
Par aubes,
22:00.
Lire la suite
( rien
)
Mercredi (21/10/09)
Way over mountains
A la cafétéria nous avons ri de casser toutes nos cuillères en plastique sur cette part de tarte aux pruneaux, le soleil arrivait à l'horizontale sur nos dernières heures de cours et plus tard sur le marches en pierre au bord de la BU je partageais avec Ma une barre de céréales. Une énième paire de bottes complète désormais ma collection, je suis rentrée dans la nuit. Hier G. m'attendait sur un banc et le retrouver était mieux que tout. Un thé fumant, les rues les magasins, marrons chauds, un banc au bord de l'eau, le crépuscule sombrant, il a murmuré qu'il, m'attendrait. Moi je guette, peut-être en vain, un message de l'inconnu aux yeux noirs, et peu importe. Je crois que je me trouve dans une barque encerclée d'horizon alors je rame, sans penser à plonger.
Par aubes,
19:22.
Lire la suite
(
2 mots
)
I'd rather dance with you than talk with you
Soleil dans la rue je balance mes sacs du bout du bras et souris à tout va. Une énorme tasse brûlante, un peu de temps, mes cours. Courir pour un train à prendre, retrouver L. et s'enfoncer dans les sièges bleus, et puis retrouver M. et s'enfoncer dans les sièges rouges. Le lendemain je n'avais pas envie d'aller travailler, mais l'inconnu aux yeux noirs s'est approché une deuxième fois du comptoir pour demander mon numéro et me laisser un sourire en coin. Il y B. aussi, il y a encore un peu de G., il y a les frimas de l'automne qui volent et ricochent sur le béton glacial de la rue, il y a mes frissons enroulés sous mes écharpes. Il y a deux ou trois détails qui au détour des jours donnent à la vie tout son sens, et parfois il y a aussi le reste, le grand, le vent, l'étranger, il y a l'horloge qui ne cesse de basculer de minuit pile à la journée suivante, il y a. Avouons-le, je suis perdue le monde est un immense bordel au fond de mes yeux, alors à défaut de faire de l'ordre je me fraie un chemin, un peu sur la pointe des pieds un peu au hasard, manquant de perdre l'équilibre manquant de le garder et alors écarter les bras, et la vie n'aura qu'à le prendre comme une invitation à saisir au vol.
Par aubes,
12:38.
Lire la suite
( rien
)
Vendredi (16/10/09)
Désobéissance
Construire des ponts entre tout ce qu'on a pas écrit, franchir les ravins entre toi et moi, l'endroit où je te rejoins se situe hors de tous les temps et c'est sans doute ce qui peut nous arriver de mieux.
En sortant dans le crépuscule j'avais éclaté en sanglots seule sur le trottoir, quelque jours plus tard près de l'eau grise je t'avais embrassé je t'avais dit que je t'aimais. Maintenant je prends le soleil sur le sol de ma chambre entre deux cours de linguistique, je retrouve Ma dans les morsures de la bise, ma soeur pour des crêpes aux marrons. J'achète des petits carnets pour mon voc d'anglais, je donne rendez-vous au cinéma pour oublier que j'ai entre les mains tous les choix de toute une vie qui n'attend que d'être remplie à ras-bord, oublier que j'ai sous les pieds le sol de tout un globe qui porte tou(te)s les (directions) possibles.
Par aubes,
21:53.
Lire la suite
( rien
)
Remonter encore le temps
Fragments
Je tombe alors au fond de moi-même, je coule et je prends plaisir à ces retours vertigineux de la conscience quand je suffoque et me noie. La vie défile à toute vitesse comme un vieux film recollé, plein de déchirures, de trous, de scènes ridicules, de personnages à l'envers, de titres démodés pour s'arrêter soudain sur une seule image, qui n'est pas toujours la plus belle, mais qui devient lumineuse à force de fixer l'attention.
B. Cendrars
/br>
Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.
C. Baudelaire
/br>
La vie abîme les vivants et personne, jamais, ne recolle les morceaux, ni ne les ramasse.
O. Adam
/br>
-Quelquefois je me demande ce que nous sommes en train d'attendre.
Silence.
-Qu'il soit trop tard, madame.
A. Baricco
/br>
"Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m'avoir connu."
Saint-Exupéry
/br>
Framboisier
- aubes : Ca viendra. :)
- Margue : Quant à moi je suis heureuse de te découvrir.
- aubes : :)
- ecilora : Je me vois mal réclamer des mots. Mais quand même... Des bisourires!
- Mamzelle : C'est cute ici.
- aubes : :-) Merci. J'aurais voulu te lire, mais on dirait que je ne peux pas...
- ecilora : Il y a eu les framboises avec mon neveu aujourd'hui. Alors, j'en dépose quelques-unes ici.
- mélie : quand est-ce que tu écris/publies à nouveau ?
- aubes : Ecilora: Tu me feras toujours. :-)
Mélie: Eh bien, là tout de suite?
- ecilora : Un mois presque et que deviens-tu?
- aubes : Bientôt je poste. Sûrement. :)
- mélie : hâte !
Réagir :